Terra-Patria in pericolo

A poco più di un mese dalla scomparsa di Edgar Morin, Krill Magazine pubblica questo intervento di Alfredo Pena-Vega, amico e collaboratore del filosofo francese. Scritto nel luglio 2025, in occasione del suo 104° compleanno, il testo torna sul concetto di Terra-Patria, elaborato da Morin negli anni Novanta per pensare l’interdipendenza tra le crisi ecologiche, politiche, sociali e culturali del nostro tempo.

Rilette oggi, queste pagine assumono il valore di una testimonianza e di un appello. Di fronte alle guerre, alla crisi climatica, all’indebolimento delle democrazie e all’affermazione di nuovi poteri tecnocratici e autoritari, l’idea di una comunità di destino planetaria appare più urgente che mai. Non si tratta soltanto di ricordare uno dei maggiori pensatori contemporanei, ma di continuare a interrogare la responsabilità che la sua opera ci affida: imparare ad abitare la Terra senza distruggerla e senza distruggerci.

Pubblichiamo il testo nella versione originale in francese seguito dalla traduzione in italiano.

Terre- Patrie en danger

Nous devons penser à « l’exister pour la vie » (Tetsuro Watsuji) et non à « l’être vers la mort » (Martin Heiddeger).

En 1993 Edgar Morin forge le concept Terre-Patrie à travers l’analyse des « poly-crises » nous invitait à reconnaître les signes d’une nouvelle barbarie, d’un nouvel obscurantisme, dissimulés sous les apparences d’un triomphalisme techno-capitalisme euphorique. Ce concept de poly-crise prend toute sa pertinence au moment où nous sommes face à un monde confronté à des crises multiples et interconnectées (écologiques, politiques, sociales, conflits, etc.), une réalité encore plus criante à l’ère des urgences climatiques et sanitaires. Morin nous appelait à affronter les incertitudes, à penser la complexité, à habiter la Terre de manière non destructive et non autodestructrice, et à réengager un processus d’humanisation. Plus encore, il insistait sur la nécessité de développer une conscience aiguë de notre communauté de destin planétaire.

Nous avons ravivé le concept de Terre-Patrie en 2021, à l’occasion de son centenaire, à travers l’ouvrage L’Avenir de Terre-Patrie. Cheminer avec Edgar Morin (Actes Sud, 2021). Cette relecture s’est inscrite dans une perspective résolument contemporaine, intégrant les grandes crises de notre temps : la pandémie mondiale, l’effondrement accéléré de la biodiversité, les menaces transnationales, ainsi que la question cruciale de l’habitabilité globale. Il s’agissait de rappeler que, si l’avenir demeure incertain, il peut néanmoins être pensé, anticipé et préparé.

En ce mois de juillet 2025, à l’occasion du 104ᵉ anniversaire d’Edgar Morin, il semble opportun de marquer une halte réflexive afin de revisiter la portée prophétique des leçons formulées dans Terre-Patrie. Ce texte majeur, aujourd’hui encore, éclaire notre époque en soulignant que notre Terre-Patrie est désormais en danger.

Quatre ans plus tard, une question essentielle s’impose : dans quel état se trouve aujourd’hui notre Terre-Patrie ? Face à l’aggravation des crises, les menaces des guerres, l’arrivée des gouvernements néofascistes, populistes qui fragilisent la démocratie, en mettant en péril la richesse de la diversité de nos sociétés. Cette interrogation engage une réflexion collective sur la manière dont nous habitons la Terre, sur notre capacité à réenchanter un horizon commun et à mobiliser une sorte de « renaissance » intellectuelle, éthiques et politiques nécessaires à la préservation de notre destin commun.

L’incapacité à tirer les enseignements des crises récentes, a révélé de manière tragique notre vulnérabilité face à l’irruption de l’imprévisible dans un monde fondamentalement complexe. Comme l’a souligné Mireille Delmas-Marty, ces surgissements répétés de l’imprévu finiront-ils par pénétrer les consciences ? En d’autres termes, saurons-nous apprendre à penser l’imprévisible comme une donnée constitutive de notre condition contemporaine ?

Nous sommes désormais confrontés à une dynamique marquée par l’imprévisibilité, dans un contexte où émerge une géopolitique du chaos. Celle-ci se caractérise par le retour d’une diplomatie reposant sur le rapport de force — qu’il s’agisse de la loi du plus fort ou de la posture du « loup guerrier » — ravivant ainsi des logiques nationalistes expansionnistes propres à l’impérialisme du XIXᵉ siècle. Cette nouvelle configuration mondiale semble s’accompagner d’un affaiblissement des idéaux universalistes qui ont longtemps fondé le projet humaniste. Les principes de morale, de solidarité de fraternité et de coopération, jadis considérés comme les piliers de la civilisation, tendent à s’effacer au profit de stratégies fondées sur la domination et l’affrontement.

Aujourd’hui, les formes anciennes et nouvelles de barbarie tendent à s’alimenter mutuellement. La barbarie de la technobureaucratie, conjuguée à l’arrogance de certains experts et scientifiques repliés dans leurs tours d’ivoire, contribue à nourrir, dans un contexte de crise, des sentiments diffus de frustration, d’angoisse et de ressentiment. Ces affects sont habilement instrumentalisés par les démagogues et les figures du populisme contemporain, qui les orientent contre les élites intellectuelles et la science elle-même, ravivant ainsi des formes archaïques de barbarie. L’émergence de nouvelles formes de barbarie semble inaugurer une nouvelle phase de régressions et d’incertitudes, marquée par le démantèlement progressif des dynamiques d’interdépendance mondiale, autrefois considérées comme allant de soi. Cette remise en cause ne concerne pas uniquement la crise climatique, mais s’étend à l’ensemble des défis globaux, tels que le non-respect du droit international ou encore la prolifération de régimes dits « voyous », dont l’objectif affiché est la remise en cause des principes démocratiques et de s’imposer par la force. Face à une régression généralisée s’impose une réflexion en contrepoint à la résurgence de la barbarie à l’ère du chaos.

Face aux discours dominants qui exaltent les avancées hégémoniques portées par les technophiles, la mondialisation des échanges ou encore l’émergence laborieuse d’une conscience écologique à l’échelle planétaire, il est essentiel d’adopter une posture critique à l’égard des dynamiques souterraines qui traversent notre époque. En effet, sous les apparences de progrès et de modernité, se déploie une forme inédite de barbarie — plus diffuse, plus silencieuse, mais tout aussi destructrice.

Cette forme contemporaine de barbarie ne se manifeste plus uniquement par des violences spectaculaires ou des effondrements visibles ; elle tend désormais à s’imposer de manière normative, avec une indifférence croissante aux conséquences inhumaines qu’elle engendre dans les structures sociales. Elle se matérialise notamment dans les traitements infligés aux populations civiles victimes de conflits armés : mise en œuvre de plans de nettoyage ethnique, déplacements forcés de populations, multiplication de crimes de guerre — autant de faits, parfois incontestables, qui demeurent impunis dans un contexte où l’impunité tend à devenir la règle. L’émergence sur la scène internationale d’« États génocidaires », dont les dirigeants échappent aux conséquences juridiques malgré les condamnations émanant de juridictions internationales, interroge profondément. Combien de violations du droit international humanitaire les États devront-ils encore commettre avant que la communauté internationale ne se décide enfin à faire appliquer les sanctions prévues par les instruments juridiques internationaux ?

Dans le récit de l’évolution, souvent chargé de valeurs et assimilé à un mythe moderne, l’humanité prend progressivement conscience de son inscription dans un tissu anthropocosmique, c’est-à-dire dans une relation de coappartenance avec l’ensemble du vivant et du cosmos. Cette prise de conscience rompt avec l’autoreprésentation héritée de la modernité, qui définissait l’être humain comme un animal rationnel destiné à dominer la nature. Par ailleurs, sous la menace permanente que représentent à la fois le potentiel autodestructeur de l’arsenal nucléaire et les désastres écologiques et climatiques, humains et non-humains se découvrent engagés dans un destin commun sans précédent. Dès lors, reconnaître la Terre comme notre unique lieu d’habitabilité n’apparaît plus comme une simple option éthique, mais comme une nécessité existentielle

Si l’humanité semble s’orienter, du moins en apparence, vers une forme de conscience planétaire — perceptible à travers diverses initiatives portant sur la connaissance, les engagements citoyens ou les discours multilatéraux —, il serait illusoire d’ignorer le contrechamp inquiétant qui se profile simultanément : celui d’une barbarie d’un nouveau type. Moins spectaculaire que celle des siècles passés, cette barbarie n’en est pas moins destructrice. Elle se manifeste dans une indifférence politique généralisée à l’égard de la souffrance humaine, dans l’abandon des plus vulnérables aux logiques du marché, dans l’invisibilisation croissante des populations déplacées par les conflits ou les catastrophes écologiques et climatiques, ainsi que dans la normalisation d’une violence algorithmique et extractive exercée par les nouveaux pouvoirs techno-autoritaristes.

L’idée même d’un destin commun se trouve menacée, voire disqualifiée, par des rivalités géopolitiques persistantes et une compétition technologique effrénée, dont l’objectif semble désormais assumé : s’ériger en nouveaux maîtres du monde, en marge — voire en substitution — des États. Ces acteurs projettent un avenir structuré autour de mondes « optimisés », libérés de toute forme de régulation publique, au nom de l’ordre, de la croissance ou de la sécurité.

Face aux menaces qui pèsent sur la « Terre-Patrie », le véritable enjeu réside dans l’appel à soutenir et accompagner les citoyennes et citoyens de cette communauté planétaire. L’ensemble de l’œuvre politique d’Edgar Morin se présente à la fois comme une critique rigoureuse des insuffisances des institutions existantes et comme une tentative concrète de leur conférer une dimension plus humaine, plus civilisée. Elle constitue également une expression profonde de solidarité envers les générations futures dans cette nouvelle ère planétaire. À travers sa pensée, ce qui apparaissait naguère comme une utopie — la possibilité de civiliser la Terre — devient un impératif vital. Sa réalisation reste incertaine, soumise à l’imprévisible, mais elle s’impose désormais comme une tâche à la fois possible et nécessaire. Il nous appartient, avec lui, de la rendre pensable, vivable et, surtout, réalisable.

VERSIONE IN ITALIANO

Dobbiamo pensare all’«esistere per la vita» di Tetsurō Watsuji, e non all’«essere-per-la-morte» di Martin Heidegger.

Nel 1993 Edgar Morin elaborò il concetto di Terra-Patria attraverso l’analisi delle «policrisi», invitandoci a riconoscere i segni di una nuova barbarie e di un nuovo oscurantismo, nascosti dietro le apparenze dell’euforico trionfalismo tecnocapitalista. Il concetto di policrisi mostra oggi tutta la sua pertinenza, mentre ci troviamo di fronte a un mondo attraversato da crisi molteplici e interconnesse — ecologiche, politiche e sociali, oltre che da guerre e conflitti —, una realtà divenuta ancora più evidente nell’epoca delle emergenze climatiche e sanitarie.

Morin ci invitava ad affrontare le incertezze, a pensare la complessità, ad abitare la Terra in maniera non distruttiva e non autodistruttiva e a riattivare un processo di umanizzazione. Soprattutto, insisteva sulla necessità di sviluppare una coscienza profonda della nostra comune appartenenza a una comunità di destino planetaria.

Abbiamo ripreso e rilanciato il concetto di Terra-Patria nel 2021, in occasione del centenario di Morin, con il volume L’Avenir de Terre-Patrie. Cheminer avec Edgar Morin, pubblicato da Actes Sud. Questa rilettura si collocava in una prospettiva decisamente contemporanea, integrando le grandi crisi del nostro tempo: la pandemia mondiale, il rapido collasso della biodiversità, le minacce transnazionali e la questione cruciale dell’abitabilità globale. Si trattava di ricordare che, sebbene il futuro rimanga incerto, può comunque essere pensato, anticipato e preparato.

In questo mese di luglio 2025, in occasione del 104° compleanno di Edgar Morin, sembra opportuno concedersi una pausa di riflessione per tornare sulla portata profetica delle lezioni formulate in Terra-Patria. Ancora oggi quest’opera fondamentale illumina il nostro tempo, mostrandoci che la nostra Terra-Patria è ormai in pericolo.

A quattro anni di distanza, si impone una domanda essenziale: in quale stato si trova oggi la nostra Terra-Patria?

Le crisi si aggravano, le guerre si moltiplicano e governi neofascisti e populisti indeboliscono la democrazia, mettendo in pericolo la ricchezza e la diversità delle nostre società. Questa domanda richiede una riflessione collettiva sul modo in cui abitiamo la Terra, sulla nostra capacità di ricreare un orizzonte comune e di promuovere quella sorta di rinascita intellettuale, etica e politica necessaria alla salvaguardia del nostro destino condiviso.

L’incapacità di trarre insegnamento dalle crisi recenti ha rivelato tragicamente la nostra vulnerabilità davanti all’irruzione dell’imprevedibile in un mondo fondamentalmente complesso. Come ha osservato Mireille Delmas-Marty, queste continue manifestazioni dell’inatteso riusciranno finalmente a penetrare nelle nostre coscienze? In altre parole, sapremo imparare a pensare l’imprevedibile come un elemento costitutivo della nostra condizione contemporanea?

Ci troviamo ormai dentro una dinamica dominata dall’imprevedibilità, in un contesto segnato dall’emergere di una geopolitica del caos. Essa si caratterizza per il ritorno di una diplomazia fondata sui rapporti di forza — si tratti della legge del più forte o della postura del «lupo guerriero» —, che riattiva le logiche nazionaliste ed espansionistiche proprie dell’imperialismo ottocentesco.

Questa nuova configurazione mondiale sembra accompagnarsi a un indebolimento degli ideali universalistici sui quali si è a lungo fondato il progetto umanista. I principi della morale, della solidarietà, della fraternità e della cooperazione, un tempo considerati pilastri della civiltà, tendono a scomparire, sostituiti da strategie fondate sulla dominazione e sullo scontro.

Oggi le vecchie e le nuove forme di barbarie tendono ad alimentarsi reciprocamente. La barbarie della tecnoburocrazia, unita all’arroganza di alcuni esperti e scienziati rinchiusi nelle loro torri d’avorio, contribuisce a nutrire, in un contesto di crisi, sentimenti diffusi di frustrazione, angoscia e risentimento.

Questi sentimenti vengono abilmente strumentalizzati dai demagoghi e dalle figure del populismo contemporaneo, che li indirizzano contro le élite intellettuali e contro la scienza stessa, facendo riemergere forme arcaiche di barbarie.

L’affermazione di nuove barbarie sembra inaugurare una fase di regressioni e incertezze, segnata dal progressivo smantellamento delle dinamiche di interdipendenza mondiale, che un tempo venivano considerate evidenti e irreversibili. Questa messa in discussione non riguarda soltanto la crisi climatica, ma si estende all’insieme delle sfide globali: il mancato rispetto del diritto internazionale e la proliferazione dei cosiddetti «Stati canaglia», il cui obiettivo dichiarato è mettere in discussione i principi democratici e imporsi attraverso la forza.

Di fronte a questa regressione generalizzata diventa necessario sviluppare un pensiero capace di opporsi alla rinascita della barbarie nell’epoca del caos.

I discorsi dominanti celebrano i progressi egemonici promossi dai tecnofili, la globalizzazione degli scambi e la faticosa formazione di una coscienza ecologica planetaria. Tuttavia, è essenziale assumere una posizione critica nei confronti delle dinamiche sotterranee che attraversano il nostro tempo. Sotto le apparenze del progresso e della modernità si sta infatti diffondendo una forma inedita di barbarie: più silenziosa e meno visibile, ma non per questo meno distruttiva.

Questa barbarie contemporanea non si manifesta più soltanto attraverso violenze spettacolari o crolli chiaramente visibili. Tende ormai a imporsi come norma, insieme a una crescente indifferenza verso le conseguenze disumane che produce nelle strutture sociali.

Essa si materializza, in particolare, nei trattamenti inflitti alle popolazioni civili vittime dei conflitti armati: piani di pulizia etnica, trasferimenti forzati di popolazioni e moltiplicazione dei crimini di guerra. Si tratta di fatti talvolta incontestabili, che tuttavia rimangono impuniti in un contesto nel quale l’impunità tende a diventare la regola.

L’emergere sulla scena internazionale di «Stati genocidari», i cui dirigenti sfuggono alle conseguenze giuridiche nonostante le condanne pronunciate dagli organi della giustizia internazionale, solleva interrogativi profondi. Quante altre violazioni del diritto internazionale umanitario dovranno commettere gli Stati prima che la comunità internazionale decida finalmente di applicare le sanzioni previste dagli strumenti giuridici internazionali?

Nel racconto dell’evoluzione, spesso carico di valori e assimilato a un mito moderno, l’umanità prende progressivamente coscienza della propria appartenenza a un tessuto antropocosmico, vale a dire a una relazione di coappartenenza con l’insieme del vivente e del cosmo.

Questa consapevolezza rompe con l’autorappresentazione ereditata dalla modernità, che definiva l’essere umano come un animale razionale destinato a dominare la natura. Sotto la minaccia permanente rappresentata tanto dal potenziale autodistruttivo degli arsenali nucleari quanto dai disastri ecologici e climatici, esseri umani e non umani si scoprono coinvolti in un destino comune senza precedenti.

Riconoscere la Terra come il nostro unico luogo abitabile non appare più, pertanto, una semplice opzione etica, ma una necessità esistenziale.

L’umanità sembra orientarsi, almeno in apparenza, verso una forma di coscienza planetaria, percepibile nelle iniziative legate alla conoscenza, nell’impegno dei cittadini e nei discorsi multilaterali. Sarebbe tuttavia illusorio ignorare il controcampo inquietante che emerge contemporaneamente: quello di una barbarie di tipo nuovo.

Meno spettacolare delle barbarie dei secoli passati, essa non è meno distruttiva. Si manifesta nell’indifferenza politica generalizzata verso la sofferenza umana, nell’abbandono dei più vulnerabili alle logiche del mercato, nella crescente invisibilità delle popolazioni costrette a spostarsi a causa delle guerre o delle catastrofi ecologiche e climatiche, così come nella normalizzazione di una violenza algoritmica ed estrattiva esercitata dai nuovi poteri tecnoautoritari.

L’idea stessa di un destino comune è minacciata, se non apertamente screditata, dalle persistenti rivalità geopolitiche e da una competizione tecnologica senza limiti. L’obiettivo sembra ormai dichiarato: diventare i nuovi padroni del mondo, ai margini degli Stati o addirittura sostituendosi a essi.

Questi attori proiettano un futuro organizzato intorno a mondi «ottimizzati», liberati da ogni forma di regolamentazione pubblica in nome dell’ordine, della crescita o della sicurezza.

Di fronte alle minacce che incombono sulla Terra-Patria, il vero compito consiste nel sostenere e accompagnare le cittadine e i cittadini di questa comunità planetaria.

L’intera opera politica di Edgar Morin si presenta contemporaneamente come una critica rigorosa delle insufficienze delle istituzioni esistenti e come un tentativo concreto di conferire loro una dimensione più umana e più civile. Essa rappresenta inoltre un’espressione profonda di solidarietà verso le generazioni future in questa nuova era planetaria.

Attraverso il suo pensiero, ciò che un tempo appariva come un’utopia — la possibilità di civilizzare la Terra — diventa un imperativo vitale. La sua realizzazione rimane incerta ed esposta all’imprevedibile, ma si impone ormai come un compito possibile e necessario.

Spetta a noi, insieme a lui, renderla pensabile, abitabile e, soprattutto, realizzabile.

Alfredo Pena-Vega è docente e ricercatore in socioecologia presso il Laboratoire d’Anthropologie Politique, già Centre Edgar Morin, UMR 8177 EHESS-CNRS. Direttore scientifico del programma internazionale Global Youth Climate.

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